Plan de trésorerie 2026 : comment construire un prévisionnel fiable ?

Maxime Reding

Votre solde bancaire est positif aujourd’hui. Mais sera-t-il suffisant pour payer les salaires, la TVA et les fournisseurs dans trois mois ?

Un plan de trésorerie projette vos encaissements et vos décaissements mois par mois, pour vous permettre d’anticiper plutôt que de subir.

📌 À retenir

  • Le plan de trésorerie prévoit les encaissements et les décaissements à venir, mois par mois.

  • Il se construit à partir du solde bancaire réel et des dates probables de règlement.

  • Le tableau distingue trois éléments : encaissements, décaissements et solde de trésorerie.

  • Les flux doivent être enregistrés en TTC, car c’est le montant réellement encaissé ou payé qui fait évoluer le compte bancaire.

  • La TVA doit apparaître au mois de son paiement effectif, et non nécessairement au mois de la facture.

  • Un prévisionnel fiable intègre les dépenses déjà engagées, les factures à payer et les paiements par carte.

  • L’horizon glissant permet de conserver une visibilité constante sur les douze prochains mois.

Qu’est-ce qu’un plan de trésorerie ?

Un plan de trésorerie est un tableau prévisionnel qui recense les entrées et les sorties d’argent attendues sur les comptes bancaires de l’entreprise.

Il se lit vers l’avenir. Il permet de prévoir les encaissements clients, les règlements fournisseurs, les salaires, les charges sociales, les impôts, les investissements et les remboursements d’emprunt.

Les termes plan de trésorerie, budget de trésorerie et prévisionnel de trésorerie sont souvent utilisés pour désigner le même outil. Tous servent à anticiper la position de trésorerie, même si le terme « budget » insiste davantage sur les objectifs fixés.

Le plan de trésorerie ne se confond pas avec le tableau de flux de trésorerie. Le premier projette les mouvements futurs, tandis que le second explique, après clôture, comment la trésorerie a évolué sur une période passée.

Il ne remplace pas non plus le plan de financement, qui présente les besoins et les ressources nécessaires à un projet ou au développement de l’entreprise.

Aucune obligation comptable générale n’impose de tenir un plan de trésorerie. Pour un dirigeant ou un DAF, il reste toutefois un outil de pilotage essentiel pour anticiper les échéances et prendre des décisions à temps.

Quelle est la différence entre trésorerie et comptabilité ?

Pour distinguer les deux fonctions, retenez ceci : la comptabilité enregistre les opérations réalisées, tandis que la trésorerie anticipe les encaissements et les décaissements à venir.

Elle permet donc de suivre les charges, les produits, les créances, les dettes et le résultat. Le plan de trésorerie se concentre, lui, sur le moment où l’argent entre ou sort réellement du compte bancaire.

Une entreprise peut donc être rentable et rencontrer malgré tout une difficulté de trésorerie. Le bénéfice comptable ne garantit pas que les liquidités disponibles suffiront à payer les prochaines échéances.

Un responsable comptable peut découvrir en mars une échéance d’impôt sur les sociétés qui n’avait pas été anticipée. Le solde bancaire semblait confortable en février, mais le décaissement fait passer le compte sous le seuil de sécurité.

Un plan de trésorerie actualisé aurait fait apparaître cette sortie plusieurs mois à l’avance et aurait laissé le temps de décaler un paiement, accélérer un encaissement ou mobiliser un financement.

Comment structurer un tableau de trésorerie ?

Un tableau de trésorerie se construit avec les mois en colonnes et les flux en lignes. Il distingue les entrées, les sorties et le solde disponible.

Élément

Contenu

Question à laquelle il répond

Encaissements

Ventes, subventions, apports, remboursements, financements

Combien l’entreprise va-t-elle recevoir ?

Décaissements

Achats, salaires, charges, loyers, impôts, investissements

Combien l’entreprise va-t-elle payer ?

Solde de trésorerie

Solde initial + encaissements - décaissements

Combien restera-t-il sur les comptes ?

Le solde de fin de mois devient le solde de début du mois suivant. Cette continuité permet de mesurer l’effet d’un encaissement retardé ou d’un décaissement imprévu sur les mois suivants.

Le niveau de trésorerie dépend également du besoin en fonds de roulement, c’est-à-dire du décalage entre les encaissements clients et les règlements fournisseurs.

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Comment construire un plan de trésorerie ?

Construire un plan de trésorerie fiable suit une progression simple. Il faut d’abord fixer l’horizon, puis recenser les flux et enfin actualiser les prévisions.

Définir l’horizon et le solde initial

Commencez par choisir une maille mensuelle et un horizon de douze mois. Cette durée offre un bon équilibre entre lisibilité et capacité d’anticipation.

Ancrez ensuite le tableau sur le solde bancaire réellement disponible au premier jour de la période. Utilisez le solde vérifié sur vos relevés, et non une estimation issue d’un ancien fichier Excel.

Recenser les encaissements et les décaissements

Listez les flux propres à votre activité, en séparant les opérations récurrentes des événements exceptionnels.

Les encaissements peuvent inclure :

  • les règlements clients ;

  • les subventions ;

  • les apports en compte courant ;

  • les remboursements ;

  • les financements ;

  • les cessions d’actifs.

Les décaissements peuvent inclure :

  • les achats ;

  • les salaires ;

  • les charges sociales ;

  • les loyers ;

  • les impôts et taxes ;

  • les remboursements d’emprunt ;

  • les investissements ;

  • les paiements par carte ;

  • les remboursements de notes de frais.

Positionner chaque flux à sa date réelle

Un encaissement doit être positionné au mois où le client devrait réellement payer, et non au mois où la facture est émise.

De la même manière, un décaissement doit être positionné à sa date probable de règlement, en tenant compte des conditions de paiement fournisseurs et des échéances fiscales.

Une facture client émise en avril mais payable à 45 jours ne doit donc pas être intégrée automatiquement dans les encaissements d’avril.

Calculer les soldes mensuels

Le calcul est simple :

Solde de fin de mois = solde initial + encaissements - décaissements

Le solde de fin de mois devient ensuite le solde initial du mois suivant. Cette méthode permet de voir rapidement à quel moment le niveau de trésorerie devient insuffisant.

Actualiser le tableau

Remplacez les prévisions par les montants réels dès que les encaissements et les décaissements sont connus.

L’objectif n’est pas de conserver un document figé, mais de maintenir une prévision régulièrement recalculée à partir des données disponibles.

Comment construire un plan de trésorerie sans historique ?

Une entreprise qui démarre ne dispose pas encore de données comptables fiables. Elle doit donc construire son premier plan de trésorerie à partir du prévisionnel commercial, des devis signés et des premières échéances connues.

Commencez par recenser :

  • les contrats signés ;

  • les devis acceptés ;

  • les dates probables de facturation ;

  • les délais de paiement clients ;

  • les achats nécessaires au lancement ;

  • les salaires ;

  • les loyers ;

  • les charges sociales ;

  • les investissements ;

  • les financements attendus.

Un modèle de plan de trésorerie sous Excel peut servir de base pour organiser les premières lignes.

Chaque devis accepté devient un encaissement attendu. Il doit être positionné au mois où le client devrait régler, et non à la date de signature.

Les premières semaines permettront ensuite de comparer les prévisions avec les montants réellement encaissés et payés. Ce suivi des écarts améliore progressivement la fiabilité du plan.

Pourquoi faut-il construire le plan en TTC ?

Un plan de trésorerie se construit en TTC, car c’est le montant réellement encaissé ou décaissé qui fait évoluer le compte bancaire.

Les ventes sont donc intégrées avec la TVA facturée au client, et les achats avec la TVA payée au fournisseur. Le montant HT reste utile pour le compte de résultat, mais il ne correspond pas au montant qui sort effectivement du compte.

Comment intégrer la TVA ?

La TVA collectée sur les ventes, diminuée de la TVA déductible sur les achats, détermine le montant à reverser à l’administration.

La TVA à décaisser doit apparaître dans le plan de trésorerie au mois de son paiement effectif, et non nécessairement au mois où la vente ou l’achat a été enregistré.

Les modalités varient selon le régime de TVA :

  • au régime réel normal, la déclaration CA3 est généralement déposée chaque mois, avec des cas de déclaration trimestrielle sous certaines conditions ;

  • au régime réel simplifié, l’entreprise verse des acomptes en cours d’année, puis régularise sa situation avec une déclaration annuelle CA12.

Consultez les informations officielles sur les régimes d’imposition à la TVA et les modalités de paiement de la TVA.

Une PME au régime réel normal qui facture en avril et règle sa TVA en mai doit donc prévoir le décaissement correspondant en mai. Sans ce décalage, le solde de mai paraît artificiellement plus élevé.

Pourquoi les données de dépenses sont-elles essentielles aux prévisions ?

La qualité d’un plan de trésorerie dépend fortement de la précision de ses décaissements. Les encaissements dépendent des clients, mais les dépenses engagées peuvent être suivies et documentées par l’entreprise.

Une demande d’achat approuvée, un abonnement récurrent, une facture fournisseur reçue ou un paiement par carte représentent déjà des sorties futures connues ou probables.

Quelle différence entre dépense engagée et dépense réalisée ?

Une dépense engagée correspond à une obligation ou à une décision d’achat déjà prise. Elle peut prendre la forme :

  • d’une demande d’achat approuvée ;

  • d’un contrat signé ;

  • d’un abonnement en cours ;

  • d’une facture fournisseur ;

  • d’un paiement par carte ;

  • d’un bon de commande accepté.

Une dépense réalisée correspond au paiement effectivement constaté sur le compte bancaire.

Cette distinction permet de ne pas attendre le relevé bancaire pour identifier une sortie de trésorerie. Les dépenses engagées donnent une visibilité plus avancée sur les décaissements à venir.

Les paiements par carte et les factures capturées fournissent des informations utiles sur le montant, le fournisseur et la date de règlement. Cela réduit notamment les erreurs de datation entre la facture et le paiement.

Une plateforme de gestion des dépenses comme Spendesk peut centraliser les demandes d’achat, les paiements par carte, les abonnements et les factures fournisseurs. Ces données peuvent ensuite être transmises à un outil de trésorerie ou à un ERP selon les intégrations disponibles.

Spendesk ne remplace pas un logiciel de trésorerie. La plateforme contribue plutôt à fiabiliser les données de dépenses qui alimentent les prévisions.

Comment interpréter un plan de trésorerie ?

Un plan de trésorerie se lit mois par mois, en observant l’évolution du solde de clôture et les périodes où il risque de devenir insuffisant.

Un solde négatif prévisionnel ne signifie pas nécessairement que l’entreprise est en difficulté définitive. Il signale qu’une décision doit être prise avant l’échéance.

Les leviers peuvent consister à :

  • accélérer un encaissement client ;

  • renégocier un délai de paiement ;

  • décaler un investissement ;

  • réduire une dépense ;

  • utiliser une ligne de crédit ;

  • renforcer les fonds propres ;

  • ajuster le calendrier d’un recrutement.

Pourquoi utiliser un horizon glissant ?

Un horizon glissant conserve une visibilité constante sur les douze prochains mois.

À chaque clôture mensuelle, ajoutez un nouveau mois à la fin du tableau et remplacez les prévisions passées par les montants réalisés. Le plan reste ainsi toujours projeté sur la même durée.

Le rolling forecast permet d’ajuster les hypothèses lorsque les encaissements arrivent plus tard que prévu, que les dépenses augmentent ou qu’un projet est décalé.

Comment analyser les écarts entre prévu et réalisé ?

Comparez régulièrement :

  • le montant prévu ;

  • le montant réellement encaissé ou payé ;

  • la date prévue ;

  • la date réelle ;

  • l’écart constaté ;

  • la raison de l’écart.

Si les clients paient systématiquement plus tard que prévu, décalez les encaissements futurs. Si les dépenses sont régulièrement supérieures aux estimations, réévaluez les budgets et les engagements.

L’analyse des écarts transforme le plan de trésorerie en outil d’apprentissage, plutôt qu’en simple document prévisionnel.

Pour suivre les dépenses engagées et les écarts budgétaires, consultez également notre article sur le reforecast.

Comment fiabiliser les dépenses intégrées au plan ?

Un plan de trésorerie devient plus fiable lorsque les dépenses sont catégorisées, rattachées à une entité et associées à une date probable de paiement.

Les données à contrôler comprennent notamment :

  • le fournisseur ;

  • le montant TTC ;

  • la date d’échéance ;

  • le compte bancaire concerné ;

  • l’entité ;

  • le centre de coût ;

  • le caractère récurrent ou exceptionnel ;

  • le statut de validation ;

  • le statut de paiement.

Une facture fournisseur validée mais non encore payée doit apparaître dans les décaissements prévus. Un abonnement annuel doit être réparti selon ses dates de paiement et de consommation. Une dépense par carte doit être intégrée dès qu’elle est connue, même si le relevé bancaire n’est pas encore disponible.

La centralisation des données de dépenses évite de reconstituer les engagements à partir de plusieurs fichiers Excel, relevés bancaires et boîtes mail.

Comment déployer un plan de trésorerie dans l’entreprise ?

La mise en place doit être progressive. Commencez par les comptes bancaires et les échéances les plus importantes, puis ajoutez les autres flux.

Définissez ensuite :

  • la personne responsable de la mise à jour ;

  • la fréquence de révision ;

  • les sources de données ;

  • les règles de validation ;

  • les scénarios à suivre ;

  • les seuils d’alerte ;

  • les destinataires du reporting.

Un contrôle hebdomadaire peut être utile lorsque la trésorerie est volatile. Une mise à jour mensuelle peut suffire lorsque les encaissements et décaissements sont réguliers.

La fréquence doit dépendre du niveau de risque, et non d’une règle identique pour toutes les entreprises.

Quand les paiements par carte, les factures fournisseurs, les demandes d’achat et les remboursements sont réunis au même endroit, vous voyez immédiatement ce qui est déjà engagé et ce qui doit encore être payé. Votre prévisionnel repose ainsi sur des données concrètes, plutôt que sur des estimations reconstituées à la dernière minute.

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