Facturation électronique : les entreprises sont-elles vraiment prêtes ?

À quatre mois de l'échéance, toutes les entreprises ne sont pas au même endroit face à la facturation électronique obligatoire. Les plus grandes semblent mieux préparées : 47 % des entreprises de 100 salariés et plus se déclarent entièrement prêtes, selon le sondage OpinionWay pour Spendesk, mené auprès de 501 responsables financiers entre le 14 mai et le 5 juin 2026. Mais dans les structures plus petites, le niveau de préparation chute : 32 % seulement pour les entreprises de 50 à 99 salariés, et 35 % pour celles de 20 à 49 salariés.

Ces écarts disent une chose simple : la réforme n'avance pas au même rythme partout. Taille de l'entreprise, secteur d'activité, maturité des outils, traitement encore manuel des factures... chaque organisation arrive à l’échéance avec ses propres retards à combler. Reste à savoir lesquels doivent être corrigés en priorité.

Qu'est-ce que la facturation électronique obligatoire en France et qui est concerné ?

La facturation électronique obligatoire impose aux entreprises françaises assujetties à la TVA d’émettre et de recevoir leurs factures B2B dans un format électronique structuré, via une Plateforme Agréée (PA). L’objectif : fiabiliser les échanges, faciliter la transmission des données à la DGFiP et moderniser la dématérialisation des factures en France.

Pour aller plus loin sur les étapes concrètes de préparation, consultez notre guide sur la facturation électronique.

Le périmètre de la réforme est plus large que beaucoup ne l'imaginent. Selon le sondage OpinionWay pour Spendesk, 90 % des responsables financiers ont conscience que les factures fournisseurs classiques entrent dans le champ de l'obligation. Mais ils sont beaucoup moins nombreux à identifier les autres flux concernés : 49 % citent les abonnements et factures SaaS, 36 % les notes de frais émises au nom de l'entreprise, et seulement 35 % les achats par carte d'entreprise. Cette maîtrise partielle du périmètre est un signal d'alerte : une entreprise peut se croire conforme tout en laissant une partie de ses flux hors du dispositif.

Toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA sont concernées pour leurs transactions B2B. Le calendrier de mise en œuvre est échelonné : septembre 2026 pour les grandes entreprises (GE) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) ; septembre 2027 pour les PME et les TPE.

La taille de l'entreprise fait toute la différence

Au global, 63 % des entreprises ne se déclarent pas entièrement prêtes à la facturation électronique. La ventilation détaillée révèle la réalité opérationnelle : 23 % se disent "plutôt prêtes", 29 % sont encore "en cours", 4 % se considèrent en retard, et 7 % n'ont pas encore commencé.

Ce qui frappe davantage, c'est l'écart selon la taille :

Taille d'entreprise

Entièrement prête

100 salariés et plus

47 %

50 à 99 salariés

32 %

20 à 49 salariés

35 %

Source : Sondage OpinionWay pour Spendesk, mai-juin 2026

Pour les grandes entreprises et les ETI, soumises à l’obligation d’émission dès septembre 2026, le compte à rebours est enclenché. Les PME disposent de plus de temps pour l’émission, mais pas pour la réception : elles devront, elles aussi, être capables de recevoir des factures électroniques dès cette date, dès lors que leurs fournisseurs y seront soumis. Être encore “en cours” à quatre mois de l’échéance laisse donc peu de marge pour finaliser les intégrations techniques, former les équipes et tester les échanges avec les partenaires.

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Votre secteur d'activité détermine aussi votre niveau de préparation

Le découpage par secteur ajoute un second niveau de lecture : 44 % des entreprises du secteur des services se déclarent entièrement prêtes. Dans le commerce, l'hôtellerie-restauration et les transports, ce taux tombe à 34 %. L'industrie et la construction ferment la marche à 31 %.

Secteur

Entièrement prête

Services

44 %

Commerce, HCR, Transports

34 %

Industrie, Construction

31 %

Source : Sondage OpinionWay pour Spendesk, mai-juin 2026

Ces chiffres montrent une préparation à deux vitesses. Mais quelle que soit votre position dans ce tableau, la question qui suit est la même : quels flux n'avez-vous pas encore couverts, et combien de temps vous reste-t-il pour les intégrer ?

42 % des équipes traitent encore leurs factures manuellement

La réforme ne concerne pas seulement l'émission et la réception ; elle touche aussi l'ensemble du processus interne de traitement. Sur ce point, les données du sondage sont frappantes.

Lorsque l’on interroge les responsables financiers sur le traitement d’une facture électronique liée à un achat par carte d’entreprise, 42 % répondent qu’elle est encore reçue par e-mail puis traitée manuellement. À l’inverse, seuls 19 % indiquent passer par une plateforme automatisée. Les autres réponses montrent une organisation plus fragmentée : 19 % rattachent encore ce traitement à une note de frais, tandis que 14 % déclarent ne pas avoir de processus clairement défini.

Paradoxalement, 80 % des répondants affirment disposer d'un processus établi. Cela signifie que beaucoup de ces processus reposent encore sur des étapes manuelles et des tableurs. Avec la facturation électronique structurée, les équipes devront gérer des formats lisibles par les systèmes, des statuts de traitement obligatoires et une traçabilité complète à chaque étape. Pour les équipes qui n'ont pas encore entamé cette transition, le scan et l'automatisation des factures constituent un premier levier concret.

C'est en ce sens que la réforme est aussi une opportunité de refonte structurelle, pas seulement une contrainte réglementaire supplémentaire.

Vous pensez maîtriser votre TVA. Êtes-vous sûr ?

La confiance affichée en matière de récupération de TVA mérite d’être nuancée. 85 % des responsables financiers se déclarent confiants dans leur capacité à récupérer la TVA sur l'ensemble de leurs dépenses après la réforme. Mais seulement 49 % d'entre eux sont "totalement" confiants, et 6 % reconnaissent ne pas encore s'être posé la question.

Ce dernier chiffre est peut-être le plus préoccupant. Le volet e-reporting de la réforme implique une transmission régulière et structurée des données de transaction à la DGFiP. Une organisation qui n'a pas encore réfléchi aux conséquences TVA de la réforme s'expose à un risque de conformité, mais aussi de trésorerie si des droits à déduction sont perdus faute de traçabilité suffisante.

La réforme crée en réalité une opportunité : celle de garantir, pour chaque flux de dépenses, une déductibilité de TVA vérifiable et documentée, là où des processus manuels laissaient subsister des zones de risque.

Plateforme Agréée (PA) : le choix que vous ne pouvez plus reporter

La réforme repose désormais sur un réseau de Plateformes Agréées (PA), immatriculées par l’administration fiscale. Ces plateformes assurent l’émission, la réception et la transmission des factures électroniques, ainsi que l’e-reporting. Le portail public conserve un rôle d’infrastructure, notamment autour de l’annuaire et de la centralisation des données transmises à l’administration. Notre guide complet pour choisir votre Plateforme Agréée (PA) détaille les critères de sélection.

Sur le plan des formats, Factur-X est le standard franco-allemand hybride PDF/XML qui permet à la fois une lecture humaine et un traitement automatisé par les systèmes d'information. UBL (Universal Business Language) et CII (Cross Industry Invoice) complètent les formats reconnus par la réforme.

La DGFiP tient l'annuaire des entreprises inscrites au dispositif, définit les standards techniques et centralise les données d'e-reporting transmises par les PA. C'est elle qui, à terme, disposera d'une vision granulaire des flux B2B en France pour les besoins du contrôle fiscal.

Spendesk est immatriculé comme Plateforme Agréée (PA) par l'État pour la réception des factures électroniques. La plateforme prend déjà en charge le format Factur-X ; les formats UBL et CII sont à venir. Elle permet de centraliser, valider, mettre à jour le statut, pré-comptabiliser et analyser les factures, en couvrant les trois flux principaux sur une plateforme unique : factures fournisseurs, cartes d’entreprise et notes de frais.

Ce qu'il reste à faire avant septembre 2026

Pour les GE et ETI soumises à la facturation électronique obligatoire dès septembre 2026, le temps disponible se compte désormais en semaines. Voici les priorités opérationnelles à traiter sans attendre.

1. Cartographiez vos flux réellement concernés.

Factures fournisseurs, oui. Mais aussi abonnements SaaS, achats par carte, notes de frais au nom de l'entreprise. Le périmètre est plus large que la vision initiale de la plupart des DAF.

2. Évaluez votre processus de traitement actuel.

Si une partie de vos équipes reçoit encore des factures par e-mail et les traite manuellement, c'est une priorité de transformation, pas un détail logistique.

3. Choisissez votre Plateforme Agréée (PA).

La sélection de votre PA détermine votre conformité, les formats supportés et votre capacité à piloter les statuts de vos factures au quotidien. Une PA qui centralise les trois flux (fournisseurs, cartes, notes de frais) vous évite la fragmentation et simplifie la supervision. Consultez les détails de la solution Spendesk sur la page dédiée à la facturation électronique et les résultats complets de l'étude dans le communiqué de presse.

4. Anticipez l'e-reporting.

La transmission des données fiscales passera par votre PA, mais elle dépendra aussi de la qualité de vos processus internes. Avant septembre 2026, vérifiez que vos flux sont correctement catégorisés, documentés et rattachés aux bons circuits de traitement.

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